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La route de terre brute Lorraine était cahoteuse. Mais le bonheur des prés fleuris lui donnait le sourire. En faisant route vers la capitale Lorraine, il regardait les prés que les bêtes n'avaient pas encore touché cette année. L'herbe a hauteur de ceinture parsemée de coquelicot, laissait transparaître des centaines de marguerites. Des bouquets de boutons d'or finalisaient le décor. Émerveillé, il se remémorait les ballades en campagnes, et les siestes crapuleuses dans un pré ressemblant à s'y méprendre à celui-ci. Ah, ces siestes à l'ombre des cerisiers en fleurs. Du temps ou il n'était pas seul. Cette pensée lui fit monter les larmes aux yeux. Il avait veillé sa moitié des nuits et des nuits durant, mais la fièvre avait été la plus forte. Ce chagrin immense avaient envahi son cœur. Plus jamais il ne serait capable d'aimer à ce point. C'était en grande partie la raison pour laquelle il avait décidé de partir très loin de cet endroit. On lui avait décrit la Lorraine comme un duché mort et terne. Il avait donc décidé que ce duché était fait pour lui et son fardeau communément appelé Deuil.

Il soupira longuement, fermant les yeux, laissant les sursauts de la voiture le bercer. Puis après de longues minutes, se réveilla, et se resservit une tasse de thé au jasmin et grignota du bout des lèvres quelques petits gâteaux secs. Il prit délicatement la tasse de thé, la porta jusqu'à ses lèvres, de façon gracieuse, le petit doigt levé comme on le faisait dans ces familles nobles. On sentait dans chacun de ses gestes une grâce qui avait rendu jalouse plus d'une femme.

Enfin la ville de Nancy apparaissait au loin. Il essuya ses lèvres humectées de thé avec la serviette d'un blanc immaculée, par une succession de petits touchers délicats. Il était hors de question que sa peau rougisse par la faute d'un frottement trop intensif du tissu de la serviette, quoique d'une douceur exquise. Ce n'est pas parce que le noir et la tristesse étaient devenus ses compagnons de vie, qu'il se laissait aller et ne prenait pas soin de toujours être à son avantage.

La voiture s'arrêta près de la mairie, le cocher ouvrit la porte, attendit que Monsieur finisse de remettre ses gants blancs et descendit du carrosse aidé du cocher. Une fois debout sur la terre ferme, il lissa sa tenue vérifia que le blanc de ses bras de chemise étaient toujours immaculés et partit à la recherche d'un hôtel particulier qu'il pourrait louer. L'héritage laissé par sa moitié, lui permettait de vivre à l'abri du besoin. On lui indiqua une adresse, il s'y rendit. Il rentra dans son nouveau chez lui et laissa le cocher décharger les malles aidé par un jeune homme à qui on avait donné 20 écus de salaire.

Enfin, au calme. Je vais pouvoir survivre, revivre ou mourir dans cet endroit. Cela sera toujours mieux que de rester la bas dans ce lieu habité par nos souvenirs, habité par notre amour perdu, par nos éclats de rire et nos caresses.

Allons oublions un peu tout ça et reprenons goût à la vie.

Il déballa ses affaires et passa le reste de la journée à nettoyer et ranger. Puis s'adressant à son cocher, vous avez une chambre en bas pour vous. Demain, nous nous rendrons au marché pour acheter de la nourriture et nous irons cueillir des fleurs sauvages, histoire d'égayer un peu ces pièces de les faire retrouver une lumière qui manque cruellement.

Allez vous reposer, mon brave.

Il le congédia avec élégance et un semblant d'autorité, puis alla se changer et se coucher.

Demain serait une nouvelle journée, le début d'une nouvelle vie...




Un roucoulement, un bruit de fontaine vint troubler le sommeil de Monsieur. Il ouvrit les yeux et durant quelques minutes se demanda où il était, qui il était.

Il se leva d'un bond, sursaut qui lui valut d'avoir le tournis. Il prit appui sur le montant du lit et ne pouvant plus, il se rassit au pied de celui-ci.

Petit à petit, la brume qui avait envahit son cerveau s'estompait et la mémoire lui revenait... Le voyage, La Lorraine, Nancy, Hotel Particulier...

Il respira profondément et se leva de façon plus gracieuse cette fois.

il sortit de la chambre, en chemise de nuit tissée avec du lin écru.

Il mit à bouillir quelques feuilles de thé que lui avait offert sa moitié lors de son voyage chez les anglois. Attendant que la bouilloire se mette à siffler, il plaça sa tasse de porcelaine blanche sur la table avec le sucrier, une assiette de petits gâteaux secs et une serviette de coton soyeux.

Une fois le thé prêt, il s'en servit une tasse, et entreprit de commencer à manger. Qu'avait il prévu de faire ce matin? Ah oui, se rendre au marché, et ainsi provoquer des rencontres avec les indigènes. En début d'après midi, le cocher l'emmènerait se promener dans la foret et dans les pré fleuris, ou il s'accorderait bien une sieste à l'ombre d'un arbre en fleur.

Ayant fini son repas, il s'essuya délicatement les lèvres, et parti se
changer. Il passa une serviette humide sur son cou, son torse musclé, ses jambes et ses parties intimes.

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Il passa une chemise d'un blanc pur et aussi précieux que lui. une paires de braie sombres sur une paire collant blanche. Un gilet marron venait parfaire le décor.

Il arrangea sa chevelure blonde et bouclée, enfila ses gants blancs et sortit de l'étage. Il descendit l'escalier avec une élégance digne d'un roi. Son cocher l'attendait devant la porte d'entrée


Bonjour mon brave, veuillez nous conduire au marché, mais prenez le panier avant.

Il grimpa dans la voiture, laissant au cocher le soin de fermer la maison et l'observa du coin de l'œil. Ce dernier était d'une fidélité à toute épreuve. Mais jamais, Ô grand jamais, il ne l'avait attiré. Il n'était vraiment pas son genre d'homme. Il aimait les hommes de caractères, les hommes qui aimait contrôler. Rien qu'à cette pensée, il frissonna et ne pût réprimer un petit cri qu'on aurait pu qualifier de féminin, tant celui ci était dépourvu de toute virilité.

Le cocher l'emmena vers le marché ou ce dernier acheta de la viande de bœuf séchée, des légumes, des fruits, des produits laitiers, et du pain.

Monsieur observait de manière discrète tous les spécimens masculins qui passaient près de lui, et généralement ponctuait ces coups d'œil volés à la destinée par de petits soupirs déconfits. Il n'y avait que des badauds, des hommes sans élégances, sans raffinement aucun.

C'est le cœur lourd de déception que Monsieur retourna chez lui afin de préparer à manger. Il envisageait d'engager un cuisinier et un servant.

Il enverrait son cocher prénommé "Fidèle" passer une annonce dans la soirée et ainsi il rencontrerait les prétendants au poste.

Il mangea en compagnie de son employé.

Dans une heure sonnerait l'heure du départ pour la promenade. Il donna rendez vous a Fidèle et se retira dans sa chambre.




Monsieur s'était isolée pour se préparer à sa promenade champêtre, une promenade de santé. Il avait échanger son élégante tenue de ce matin, contre une tenue aux tons plus naturels. un ensemble de lin écru avec une bandes bleu "roi" horizontale au niveau de la chemise, à lacets sur les cotes des manches elles mêmes teintées de bleu.

Une paire de chausse bleu permettait à Monsieur d'avoir une tenue raffinée, assortie mais également de paraître un soupçon moins urbain en campagne, quoi qu'il conservait toujours cette allure précieuse.

Il sortit de sa chambre et ouvrit la porte de la main droite, car il tenait sans sa main gauche la paire de gants beige qui allait avec sa tenue.

Il referma avec douceur la porte et descendit l'escalier. Le cocher avait préparé la voiture avec un panier contenant de quoi manger et une bouteille de vin blanc du coin.

Monsieur monta dans la voiture après avoir habitué ses yeux à la clarté de cet après midi ensoleillé. Il prit également soin de regarder les hommes présents dans la rue, mais aucun, non vraiment aucun ne lui procurait ce frisson dont il avait besoin.

Le cocher suivit les directives de Monsieur quand à la route à suivre et le mena près d'un champ fleuri de coquelicots et parsemé de bleuets, contigu à un petit bois.

Il aida Monsieur à descendre, pris le panier et l'accompagna dans le bois. Cette ballade dura tout au plus une demie heure, car voila que Monsieur tournait de l'œil sous l'effort de cette marche ô combien lente mais éprouvante pour l'état de fébrilité de Monsieur.

Le cocher aida donc Monsieur à sortir du bois et se dirigea vers un pommier fleuri au milieu du pré fleuri.

Il aida Monsieur à s'allonger et se releva aussitôt, le laissant ainsi se reposer.

Il déposa le panier a quelques pas de Monsieur et alla se reposer un peu plus loin.


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Une heure et demie s'était écoulée au son des chants des mésanges qui nidifiaient dans le pommier. Quelques sauterelles ne souhaitaient pas rester muettes et s'évertuaient malgré tout à essayer de couvrir les mélodies des oiseaux sans y parvenir.
Monsieur ouvrit doucement les yeux, mi comateux à cause de cette sieste obligée. Il pris le temps de savourer les bruits de la nature, le chant d'un merle, le bruissement de l'herbe fouettée par la brise, le bruit si particulier des feuilles du pommier qui claquent doucement comme pour répondre aux bêlements des moutons dans le pré voisin. Un hennissement de chevaux au loin, à peine perceptible.
Monsieur se remet peu à peu, et commence à se relever pour se mettre dans la position assise. Il regarde Fidèle qui s'est déjà précipité pour l'aider.

- Qu'avez vous mon brave?
- C'est que Monsieur m'a inquiété.
- Mais pourquoi, diantre?
- Vous nous avez fait grand peur en ayant ce malaise dans le bois.
- Mais je vais bien, à présent, mon brave. Pourriez vous me donner un verre de ce bon vin que je vous ai fait apporter avec une pomme?


Fidèle s'exécute et laisse Monsieur reprendre des forces. Il aide ensuite Monsieur à se relever et lui enlève les brins de pailles collés sur les vêtements, ce qui a pour effet de mettre Monsieur dans une position délicate. Un brusque accès de désir le saisit, lui mettant le feux aux joues, lui coupant le souffle et le mettant dans une situation physique visible et incommodante.

Monsieur s'éloigne violemment de son cocher et va dans le pré fleuri contempler les fleurs. Par cette action, son rythme cardiaque se ralentit et par la même occasion, lui calme les ardeurs. Il se passionne tantôt pour un coquelicot, tantôt pour un narcisse, ou pour un bleuet. Monsieur qui d'ordinaire est d'un naturel plutôt posé et précieux, se met quasiment à courir, le sourire aux lèvres, le cœur léger, les yeux remplis de cadeaux de dame nature.

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D'un seul coup, il aperçoit une libellule et sans savoir pourquoi, il se met à crier comme atteint d'extase. Fidèle le regarde en riant, mais essaye de rester discret. Monsieur était si taciturne entaché par le deuil. Enfin, une once de vie venait de rejaillir en lui.

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Il aida monsieur a cueillir des coquelicots et autres fleurs sauvages. puis l'aida a remonter dans la voiture et le ramena chez lui.

La journée se terminait. Demain, monsieur avait décidé de visiter la ville.



Monsieur était sorti discrètement de façon à ce que fidèle ne le voit pas. Il avait pris le soleil en marchant et avait rejoint un groupe de personne en plein débat.

Voulant savoir de quel sujet il était question, il s'était approché et avait entendu Un Homme parler. Un homme, non, un esthète. Un colosse, plein de muscle, viril au possible. Cet homme au visage doux et aux yeux coquins.

Monsieur avait été subjugué. Il avait fallu beaucoup de force et de courage pour que Monsieur s'en aille et ne reste a boire les paroles de cet éphèbe. Un apollon vivant.

Il avait eu grand peine a dissimuler la transformation physique de son être. Sur le chemin vers chez lui, il avait demandé à une charmante dame, qui prenait le soleil, comment s'appelait ce baron. La dame avait sourit et avait dit en regardant vers l'orateur.


Il se nomme Fiha de Sévillano, il est baron de Sancy. Si vous avez une femme, monsieur, cachez la car le baron les attire.

Monsieur l'avait remercié, avec un baise mains qui avait faire rougir la dame, puis était rentré chez lui par les routes pavés nancéennes.

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Monsieur s'était aussitôt couché après s'être dévêtu et avoir mis sa chemise de nuit. Son corps n'était point remis d'aplomb si l'on en croyait la déformation du tissu au niveau de son bassin.

S'en suivit une nuit pleine de rêves et de tourments, il rêvait que le baron le séduisait et en faisait son amant à vie. Monsieur se réveilla une bonne dizaine de fois, tantôt grelottant, tantôt fébrile et trempé de sueur. Le baron lui mangeait sa nuit, et son repos. Le rythme cardiaque de Monsieur n'arrivait pas à s'apaiser. Quel enfer qu'est la prison du désir inassouvi.


Monsieur se réveilla fort fatigué, ce matin là. C'est bougon et migraineux, qu'il posa pied à terre. Il se leva maussade et mystérieusement électrique.

Rendu dans la cuisine, il mit à chauffer de l'eau pour le thé et beurra deux tartines coupées dans une des miches achetés la veille.

Il disposa élégamment le tout sur la table et après avoir servi le thé, se mit à table. La faim au ventre, faute au jeune de la veille au soir, il retrouva peu à peu, il se rendrait chez un apothicaire dans l'après midi pour avoir un remède contre son mal de tête.

Une fois rassasié, il alla se changer, il se lava, et s'habilla de vêtements bordeaux sur une chemise blanche. Une fois préparé, il se rendit dans son bureau et ouvrit son journal. Il n'avait pas écrit à Marcellin, son feu compagnon, depuis plusieurs jours pour cause de voyage.

Il ouvrit l'encrier, y trempa la belle plume de perdrix et se mit à écrire:


Mon Marcellin, mon aimé,

Comment te dire que les mots me font cruellement défaut pour exprimer combien tu me manques. Je sais que tu as toujours été partisan de la vie. Rester vivant dans un monde vivant, malgré les peurs et les tristesses.

Ce fût dur pour moi. J'ai pris la décision d'aller vivre en Lorraine. Je suis arrivé avant hier et me suis installé dans un hôtel particulier, relativement coquet mais somme toute très douillet. Hier nous avons été cueillir des coquelicots, des bleuets, le salon regorge de petits bouquets champêtres. Tu serais ravi. J'ai même vu une libellule.

Je dois te faire un aveu, mon Marcellin. Je ne sais par où commencer.

Je pense que la meilleure façon de dire les choses et d'être franc, et de dire les choses comme elles se sont passées.

Hier je suis sorti en fin d'après midi. Il y avait un attroupement de personnes qui semblaient discuter de politique, ce sujet qui m'ennuie tant.
Il y avait là un homme somptueux qui parlait. Je suis tombé sous son charme, amoureux. Ne me demande pas ce qu'il disait, je n'en sais fichtre rien, mais ô Seigneur quelle voix, quelle puissance. Il émanait de lui une aura attirante. Il se nomme Fiha de Sevillano, il est Baron de Sancy. Il semble être un aimant à femme, et bien, je peux préciser, pas que à femme.


Monsieur éclata de rire à ce moment, son cœur était joyeux, son âme sereine. Il avait envie de sortir pour le revoir mais tenait à terminer son écrit.

Ô Marcellin chéri, j'ai rêvé de lui cette nuit, qu'il croisait mon regard et tombait amoureux fou de moi. J'ai rêvé qu'il faisait absolument tout pour être en ma compagnie. Un soir, marchant dans un parc sous un coucher de soleil, il m'embrassa. Il me porta sur son lit couvert de drap soyeux.


Monsieur fût pris d'une crise de tremblements l'empêchant de finir d'écrire. Il reposa la plume, ferma l'encrier et sortit dans le salon, ou il s'assit et se mit à lire un ouvrage sur Achille le Grec.



Monsieur acheva sa lecture puis appela Fidèle par la porte au dessus de l'escalier.

Il attendit que celui ci se présente à lui, qui s'était confortablement installé dans son fauteuil.

- Monsieur m'a demandé?

Monsieur observa son valet, et pensa avec une certaine gène à la scène sous le pommier. Il avait éprouvé du désir pour son valet, bon bien sur, juste du désir tactile, alors que son baron lui avait enflammé son cœur.
Il reprit ses esprits sereinement, mais l'esprit envahi par l'image du baron.

- Oui, mon brave, je souhaite que tu ailles en ville recruter un cuisinier et un serviteur.

- Mais bien entendu, Monsieur, à votre service.

Fidèle sortit de la pièce, et Monsieur retourna dans son bureau.

Il relit le dernier passage, ouvre l'encrier et y trempe la plume de perdrix.

Ô Marcellin chéri, j'ai rêvé de lui cette nuit, qu'il croisait mon regard et tombait amoureux fou de moi. J'ai rêvé qu'il faisait absolument tout pour être en ma compagnie. Un soir, marchant dans un parc sous un coucher de soleil, il m'embrassa. Il me porta sur son lit couvert de drap soyeux.

.../...

La décence m'empêche de te décrire les milles calins, et milles caresses qui s'en suivirent. Il me faisait l'amour comme personne avant.

Monsieur soupira, amoureusement, de désir. Le feu qui régnait dans son bas ventre était une sensation jusqu'alors inconnu tant elle était intense.
Même ce qu'il avait ressenti pour son Cher Marcellin était à comparer, un simple fétu de paille.

Ô Marcellin, je suis fou de lui, mon coeur s'emballe dès que je pense à lui. Quel corps, tout en muscle. Les vêtements semblent épouser ses formes, semblent être taillés sur mesure pour cette merveille de la nature.

Je ne sais quoi te dire de plus,

Je pense à toi,

M.


Monsieur laissa sécher l'encre et referma le cahier avec un sourire tendre.

Il nettoya sa plume et la mit à sécher dans le plumier. Cette plume attendrait la prochaine lettre pour en savoir davantage.

Il se prépara à une promenade de santé dans les rues de Nancy, en attendant l'heure du déjeuner. C'est le cœur gai et sifflotant qu'il sortit dans la rue et commença à déambuler le long des maisons. Il saluait chaque personne croisée avec une politesse exacerbée par le sourire dessiné sur ses lèvres.

Arrivé devant une échoppe, il aperçoit un chaton famélique, Monsieur s'écrie d'une voix stridente

Oh mon pauvre petit bichon, vient voir maman.

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Le prenant dans ses bras, Monsieur s'empresse de rentrer chez lui en le couvant de baisers. Le chaton réponds par des léchouilles.

Je vais t'appeler Fifi. Fifi le chaton, ca te va bien.

Le chaton bercé par la marche de Monsieur, se sent en sécurité, et s'endort. Monsieur ému, y va de sa petite larme.

Maman va prendre bien soin de toi.

Monsieur dépose le chaton sur une couverture, lui sert une soucoupe de lait et hache un peu de poisson finement. Il dépose la nourriture a porter de langue du chaton et va se reposer a coté.


Deux jours à couver le chaton, a le veiller, le nourrir, l'avait éloigné de sa préoccupation première du moment, son petit Baron. Le chaton dormait sur le lit près de lui et s'était attaché à lui, comme une mère.
Durant ses deux jours, Fidèle lui avait présenté deux personnes qu'il avait engagé. Prudent pour le service, et Bourbon_Vanille pour la cuisine.

Il commençait, cependant à s'ennuyer, il s'apprêta, tel un dandy : chemise blanche, braies Bordeaux, bas blancs, jaquette bordeaux en velours, souliers noirs cirés au point de pouvoir se mirer dedans.

Une cape noir sur les épaules, il sortit dans la rue et remonta vers la grand place nancéenne. Tout en marchant, il repensait à la dernière fois qu'il s'était rendu sur cette place, ce jour à marquer d'une pierre blanche, le jour où il était tombé amoureux, ce jour où il avait été foudroyé sur place d'un simple regard. Sueurs froides, succession de frissons et de fièvre, accélération des battements de son palpitant, bouche sèche. Les yeux ne pouvaient quitter le baron.

Il vit des petits attroupements mais à aucun moment il ne vit son baron. La tristesse l'étreignit, les larmes lui montèrent aux yeux. Il alla s'installer sur un banc à l'écart, le temps de se remettre de cet accès de tristesse. Il s'étira en regardant au loin, loin dans ses pensées les plus intimes et les plus sentimentales, dans son cœur où s'était installé, le petit Baron, durablement.

Il se remis debout et arpenta la place, il aperçut ainsi, la charmante dame qui lui avait révélé le nom de Fiha. Il lui sourit et s'installa à ses cotés en engageant la conversation. Le temps passa rapidement aux cotés de cette charmante dame. Il sentait qu'elle avait devenir son amie. Elle lui plaisait beaucoup. C'est au cours de cette conversation que la dame lui confia :



-An... An... Ange blond, c'est v... v... vrai?

-Je ne saurais vous dire cela est vrai mais les rumeurs le disent.

-Et sauriez vous me dire qui est cet ange blond?

-Malheureusement, mon cher Monsieur, je ne saurais vous aider.


La discussion continua calmement au rythme des brises légères qui couraient le long des ruelles pavées. Les hirondelles passaient en vol bas, pour attraper les nuées de moucherons.

Lorsque Monsieur la quitta deux heures plus tard, il se dirigea vers sa maison avec dans sa tête une seule et même phrase : Le baron de Sancy est épris de l'ange blond. Il arriva devant sa maison ouvrit la porte, grimpa les marches deux par deux, sans élégance aucune, mais aussi pressé qu'un jeunot courant les donzelles. Il se dirigea vers sa chambre et s'y enferma à double tour, le visage rouge et trempé de sueur. Il se dévêtit et se dirigea vers son lit, nu comme un ver.

Ange blond, ange blond. Mais, seigneur comment sait il que Marcellin me nommait son ange.

Il sourit en voyant la blondeur de ses boucles se refléter dans le miroir.

Le baron de Sancy, amoureux de lui...

Monsieur n'arrivait pas à calmer son rythme cardiaque, sa nuit allait être agitée. Demain, il écrirait à son Marcellin adoré.



Nerveux comme jamais, il avait passé une nuit quasiment blanche. Monsieur avait tourné, tourné et encore tourné dans son lit. Un détail physique proéminent l'avait certes gêné lors de ses mouvements. Son état physique, tout tendu vers son rêve, son idéal, l'incommodait et le faisait frémir au moindre contact, lui arrachant des gémissements.
N'en tenant plus, il s'était relevé, et avait dû se soulager crapuleusement. Il avait revêtu une chemise de nuit et avait ouvert la fenêtre en grand avant de se recoucher.

Les premières lueurs de l'aurore rallumait les couleurs pourpres de la tapisserie que monsieur regardait en attente de ce sommeil qui ne voulait point venir. La cadence des battements de son cœur n'avait pas ralentit, ni son intensité, ses pensées étaient posées sur l'ange blond. Les lettres A N G E B L O N D dansait devant ses yeux dans une hallucination dévorante.

Comment cela était-il possible? Devait-il lui écrire? Devait-il lui faire parvenir un présent?

L'air avait fraichi, Fifi s'était pelotonné contre lui en une petite boule soyeuse et chaude. Il caressait délicatement son pelage de façon négligée.

Non, je dois le laisser venir à moi. Mais comment lui faire comprendre que je sais qu'il l'aime, que je l'aime tant? Comment faire comprendre que mon cœur, mon corps est à lui, que je suis en attente de lui. Comment dire qu'il m'a pénétré dans mon intimité la plus profonde, mon cœur.

Un cri montait en lui de façon sourde, un cri de joie, de bonheur, de douleur et de rage lui déchirait la poitrine. Il finit par se lever, fit sa toilette. Il s'installa à table où Prudent lui servit un petit déjeuner, certes copieux, mais que Monsieur ne toucha quasiment pas, ou tout juste du bout de la fourchette. Il but une tasse de thé et se rendit dans le bureau où il s'assit devant son cahier. Fifi le suivait de près, miaula pour communiquer son envie de grimper sur ses genoux. Monsieur recula légèrement sa chaise, se pencha et prit le chaton entre ses mains. Fifi sortit sa petite langue râpeuse et lécha la main de Monsieur avec une tendresse qui aurait pu faire fondre le plus endurci des hommes. Il fit sourire Monsieur qui leva la petite boule de poil au niveau de son visage et déposa un baiser sur la tête du chaton. Celui-ci le regarda et vint placer sa truffe sur le nez de Monsieur dans un seul élan de délicatesse.

Il le déposa sur ses genoux, rapprocha sa chaise du bureau et ouvrit le cahier à la dernière page écrite. Il relût le dernier courrier en souriant. La joie, le bonheur d'être amoureux conjugué au fait d'être aimé par le petit baron, allumait des lanternes au fond de ses yeux, qui illuminaient son visage angélique.

Dans un long soupir amoureux, monsieur prit sa plume, déboucha l'encrier, y trempa celle ci et se pencha sur le cahier dans un mouvement gracieux de son bras droit tandis que sa main gauche était occupée à caresser Fifi. Fifi saisissait la main de Monsieur entre ses petites pattes douces et mordillait ses longs doigts fins de ses minuscules quenottes.

Il leva les yeux vers la fenêtre quelques instants, avec un sourire de plus en plus grand qui montrait la joie de Monsieur à se confier à son feu Marcellin.

Mon Amour chéri, Mon Marcellin adoré qui me manque tant


Ces derniers jours ne m'ont pas laissé de répit, pour me permettre de t'écrire. Je te demande de m'excuser. Je ne veux pas que tu penses une seule seconde que je te délaisse et que je t'oublie. Mais je vais tout te raconter, ainsi tu comprendras peut être, les causes de ce silence durant quelques jours.


Il y a trois jours, je suis sorti et en marchant, j'ai trouvé un chaton abandonné. J'ai craqué Marcellin, j'ai fondu devant cette petite boule au teint blanc tigré de jaune et marron clair. Je l'ai surnommé Fifi. Je te connais suffisamment pour savoir que tu sais pourquoi je l'ai nommé ainsi. Je l'ai nommé ainsi pour ne jamais cesser de penser au petit Baron.


Ne sois pas jaloux, mon Marcellin, je t'en supplie, Essaie de comprendre ma peine et ma solitude. C'est bien la première fois que je me sens revivre depuis longtemps.


Il y a deux jours j'ai engagé deux gens. Un damoiseau nommé Prudent, très bel homme, distingué de sa personne. Il a une expérience non négligeable dans le service, car il a été au service d'une famille noble a quelques lieux d'ici. Désirant voir du pays, il est arrivé ici, il y a quelques jours et j'ai eu la chance de le rencontrer avant son départ prévu en fin de semaine prochaine. Il a l'air ravi d'avoir trouvé un emploi. Nous verrons ce que cela donnera. J'ai également engagé une bonne dame qui se nomme Bourbon_Vanille. Elle est du genre mère poule et a un grand sens de l'humour. Tout pour me plaire. Elle est chargée de la préparation des repas et de l'approvisionnement au marché. Je vais vraiment me plaire ici.


Le chaton s'était endormi et monsieur s'arrêta d'écrire pour le regarder et le couver de ses yeux bleus. Il était ému par cet animal plein d'innocence, ce petit être vivant qu'il devait nourrir. Une boule de tendresse, une boule de jeux, une boule d'espièglerie.

Ah, ce petit Fifi!Que je t'aime Fifi. Que je t'aime, que je souhaite t'apporter tout ce qu'il te faudra pour être heureux.

Une personne qui aurait observé la scène aurait douté que ces paroles ne soient réellement destinées au chaton.

Il releva le menton gracieusement et trempa à nouveau sa plume dans le liquide foncé, avant de recommencer à écrire.

Hier, oh oui, hier, je suis sorti faire un tour dans la ville. Mes pas m'ont mené vers la place de Nancy. Je n'ai pas vu le baron de Sancy, et je t'avoue que cela m'a mis les larmes aux mirettes. J'ai dû me contrôler comme j'ai pu pour ne pas me mettre à pleurer de façon ostensiblement. Cependant, sache que je pleurais en mon âme.

J'ai revu la dame de la dernière fois avec qui j'ai discuté tout le restant de l'après midi. Elle, tiens, je ne connais pas son nom, j'ai oublié de lui demander. J'y penserais la prochaine fois. Elle a agrémenté ma fin de journée de rires et de révélations. Ainsi, Marcellin, elle m'a dit que Fiha de Sevillano était épris de l'ange blond.


Ô Marcellin, comment peut-il savoir que tu m'appelais « Mon ange », dans ces moments les plus câlins qui ont composé notre vie?


Ô Marcellin, penses-tu qu'il m'aime vraiment? Penses-tu que je puisse être aussi verni pour tomber amoureux d'un homme aussi beau, aussi musclé, aussi resplendissant de lumière, aussi intelligent? Et que celui-ci puisse m'aimer en retour?


Je vais aller prier à l'église pour en remercier le ciel, de tant de cadeaux, de tant de bienfaits, de tant de bonheur.

Le petit chaton se réveilla et s'apprêtait a descendre des genoux de Monsieur, quand celui-ci l'aida en le déposant doucement sur le sol, et le regarda partir tout léger sur ses pattes, la queue battant la mesure du bonheur.

Monsieur continua sa lettre, pensivement, le bonheur marquant son visage par une fossette creusée profondément au coin gauche de sa bouche.

Je te laisse deviner dans quel état, je suis en permanence depuis cette découverte. Je suis en transe, en plein délire physique. Je le désire tant qu'il en devient presque gênant de sortir dans la rue de peur que cela ne se voit vraiment.


Mon Marcellin que j'aime tant, puisses tu recevoir mes tendres pensées les plus douces accompagnées de milles baisers.


Je t'aime mon Marcellin, je t'aimerais toujours aussi tendrement.


M.


Monsieur reposa sa plume dans le plumier, après s'être levé pour la nettoyer et laissa sécher l'encre, en se rendant à la fenêtre pour regarder les passants défiler dans cette ruelle ou il habitait.



Plusieurs jours avaient passé. Plusieurs jours sans nouvelles de son baron l'avait plongé dans une mélancolie profonde. Les jours se succédaient les uns aux autres, sans couleur, sans saveurs, tous identiques. L'état de santé de Monsieur préoccupait son cocher et proche Fidèle, car Monsieur ne s'alimentait plus comme avant.

Les seuls sourires qui marquaient monsieur était causés par Fifi, le chaton, qui jouait avec tout et n'importe quoi. Une feuille de plante qui bouge et Fifi se prenait pour un chasseur a l'affût.


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Il ne cessait de renverser des objets, et Monsieur qui a chaque fois sursautait et se levait pour le réprimandait, n'y arrivait pas. En effet, comment hausser le ton, quand deux petits yeux brillants et pleins de tendresse vous regardait. A chaque fois, Monsieur fondait devant sa boule de poils, cette petite chose soyeuse.


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Ainsi, s'écoulaient les journées de Monsieur, longues et sans distraction aucune, juste a jouer avec le petit Fifi, son chaton adoré et débordant d'espièglerie.




Une nappe blanche, deux bougeoirs dorés, deux roses rouges posées délicatement à droite des coupes, étaient les seules décorations sur la petite table dressée dans la salle à manger.

- Une panoplie de tartines grillées avec du foie gras et des morceaux de poire, accompagnée d'un vin blanc d'Alsace.
- Une beau jambon rôti accompagné d'une composition de petits pois, de carottes, de navets et de fèves, accompagné d'un vin rouge de Germanie.
- Un fromage alsacien aux figues.
- Quelques fruits, pêches, poires rôtis au miel accompagné d'un vin pétillant originaire de champagne.


Monsieur avait composé le menu scrupuleusement avec Prudent.

Bourbon Vanille avait passé la journée derrière les fourneaux, laissant Monsieur se préparer et être au calme.

Même Fifi le chaton qui avait bien grandi, s'était tenu à l'écart, jouant avec un bouchon de liège, avec de petits coups de pattes agiles et vif. Lorsque le bouchon allait sous certains meubles, devenant inaccessible aux griffes du chaton, celui ci se mettait à pousser des petits cris si aigus, que tout le monde accourait pour le secourir.

Quelqu'un frappe à la porte, Monsieur sent son cœur vibrer, et battre de plus en plus fort. Élégamment vêtu d'un costume de couleur beige et d'une chemise blanche, il était enfin prêt à le recevoir.

La porte ouverte par Fidèle, des bruits de pas dans l'escalier, le petit Baron pénètre dans la pièce où se trouve Monsieur.

Le repas qui s'en suit, est empli de sourires, de regards. deux mains qui se frôlent, puis ne pouvant patienter plus longtemps, monsieur se penche vers le baron et l'embrasse doucement. Le Baron y réponds avec tendresse.

Monsieur est aux anges. Le repas touche à sa fin, Monsieur et le baron s'embrassent dans le cou.

Soudain, Monsieur sent que les baisers deviennent râpeux. Des petites douleurs font leur apparition aux niveaux de la poitrine. ces douleurs sont fugaces, se déplacent.

Hagard, il ouvre les yeux. Monsieur est étendu sur le sol, la lumière crue lui vrille les yeux. Il comprend avec amertume qu'il ne faisait qu'un rêve. Fifi le chaton lui lèche le cou.

Monsieur essaie de se relever et puis va s'étendre sur le lit, la tristesse qui l'étreint lui mets les larmes aux yeux et bientôt ce sont des sanglots de chagrin qui secouent sa poitrine.

Fifi le chaton vient se nicher au creux de sa hanche et sa petite tête sur son buste. Il se met à ronronner pour essayer de réconforter monsieur.




Monsieur reprenait un peu de couleurs.
On eut dit qu'il tournait une page de sa vie. Une petite voix au fond de lui lui intimait de se réveiller. Ses serviteurs lui offraient de petits soin. Cuisinant des légumes colorés et savoureux. Les viandes les plus savoureuses et tendres lui étaient servies.

Petit à petit, Monsieur reprit des forces. Il prit soin de choisir ses vêtements. Ayant prévu de sortir en campagne par ce beau soleil et de respirer l'air frais.

Il trempa une serviette dans la bassine d'eau chaude et la savonna légèrement avant de passer ce linge sur son corps trempé de sueur. Le contact de cette chaleur contre son corps parsema sa peau de chair de poule. une vague frissonnante le parcourut. Il poussa un petit soupir de plaisir, ce qui irrémédiablement modifia son profil. Un de ses organes venait de se réveiller.

Il n'avait pas ressenti cela depuis plusieurs jours, c'est pourquoi, il prit son temps pour s'auto satisfaire et élever son corps au niveau orgasmique.

Un sourire satisfait dessiné sur sa jolie bouche, il finit sa toilette avec douceur.

Il passa ses vêtements et mit ses gants blancs avant de laisser ses pas le mener vers la fenêtre du salon. Soudain une succession de pas rapides se fit entendre, Monsieur se retourne et voit Fidèle qui lui apporte une missive. Fidèle s'excuse de devoir partir sur le champ, les yeux fuyant Monsieur, le visage rubicond. Monsieur prend la missive et regarde, incrédule son cocher partir en courant par la fenêtre.

Quelle mouche l'a piqué celui la?

Intrigué, monsieur décachette la lettre et la déplie. Dès les premiers mots, Monsieur blêmit.

Comment, comment est ce possible. Marcellin est mort, du moins c'est ce qu'il m'a été dit.

Mon cher Ange blond,

Depuis ton départ d'ici, je me sens quelque peu vide , ta presence me manque, sache que chacune de tes lettres me procurent un plaisir.

Ton doux parfum me manque, tes paroles et le son de ta voix, oui mon ange blond, tes lettres me donnent espoir qu'un jour tu me reviendras.

Je me permet de t'ecrire ce courrier, pour te conter ma peine, lorsque j'ai lu ton premier courrier, j'était heureux et satisfait, tu étais loin, arrivé en Lorraine, bien installé, mais ta seconde lettre me troubla..

Tu me parles de cette homme qui a volé ton esprit, un coup de foudre à sens unique mon ange blond, j'ai peur que tu en devien fou, comme je le suis presentement.

Je suis fou de toi, de ta personne, ta douceur, ta tendresse, ton élegance, ..nul autre homme ne saura t'aimer et chérir comme je l'ai jadis fait.

Mon Ange, j'ai bien peur de te perdre... ne te laisse pas conssumer par l'amour de ce baron...

J'espère que l'air de la Lorraine te rend heureux,

ô mon cœur, si tu savais à quel point tu me manque..

ô mon ange si tu savais à quel point notre domaine est vide sans toi...

Je t'aime, et je t'aimerais à jamais...

ton fidel Marcellin.


Monsieur revit ses derniers instants vécu avec Marcellin. La fièvre, la douleur de le perdre lui a fait quitter le chevet de Marcellin bien avant le dernier soupir. Seul Fidèle est resté.
Marcellin serait encore en vie? Mais pourtant il est mort? Non, personne ne le lui a dit?

Monsieur sent son coeur s'accélérer, il s'assoit, et relit encore et encore cette lettre.

Mais comment Marcellin sait il pour le baron?

Tout d'un coup Monsieur comprends que Fidèle le tenait au courant et que c'est pour cela qu'il a prit la fuite.

Monsieur, sourire béat aux lèvres imagine les retrouvailles.


Marcellin serait il en Lorraine?

Fifi grimpe sur ses genoux et s'installe confortablement en ronronnant pour quémander des caresses.


Monsieur ne redescendait plus de son nuage, cela faisait une bonne semaine qu'il savait que Marcellin, non seulement était encore en vie, mais en plus qu'il l'aimait toujours.

Dieu que Monsieur était épris de son Marcellin. C'est le coeur en fête qu'il sortait chaque jour dans la campagne Lorraine, il passait de long moments dans la nature.

Deux jours plutôt il avait été cueillir des noisettes fraiches et avait aperçut des écureuils qui gambadaient, il avait laisser s'écouler les minutes à les regarder. il avait trouvé un prunier chargé de prune violettes que l'on appelait Quetchs. Il en avait cueilli une bonne douzaine et il avait aidé à la préparation d'une tarte mielleuse le soir même.

La vie était merveilleuse et miraculeuse. Un ruisseau laissant entrevoir deux poissons à flanc blanc et Monsieur riait de bonheur.

Son air paisible et serein aurait fait sourire n'importe quel vieux barbus aigri.

Il venait de finir de se préparer, et avait descendu l'escalier de bois ciré de près par son personnel. Il ouvrit la porte et franchissant le seuil se retrouva dans la rue de Nancy, sous un soleil de plomb. Il tourna à gauche et remonta l'allée en regardant les passants, les fleurs en pot devant les maisons.

Un couple d'oiseau sur un toit chantait à tue tête et cela fit sourire Monsieur encore plus, comme si il lui avait été possible de comprendre la gaité de ces deux volatiles. Il se surprit même à fredonner doucement. Un feu d'artifice, une myriades de couleurs et d'étoiles illuminaient son esprit.

Monsieur s'arrêta sur la place de Nancy. Plusieurs groupuscules étaient formés, pour les élections ducales. Les échanges allaient bon train. Il s'approcha d'un groupe puis d'un autre, puis arriva à celui d'un élégant homme qui faisait de la publicité pour son breuvage coloré : Le Whisky de Selee. Il écouta les dires puis vit un monsieur dont les cheveux était plus clairs que les siens. Il écouta et compris que ce monsieur était un homme d'église. Cet homme respirait la bonté et la gentillesse. Monsieur le regarda, subjugué, et tomba sous le charme de cet homme.

Boudoum boudoum boudoum

Son coeur s'affolait, pour de belles boucles blondes.

Il s'éloigna un peu, essuya la sueur de son front humide, et revint vers le groupe, en regardant fixement l'homme blond.

D'un coup il se sent partir en avant, en effet, un enfant vient de chuter derrière lui et la pousser dans ce même élan. Monsieur se retrouva à 10 cm du diacre. Rouge de confusion, Monsieur se retourne, aide l'enfant à se relever, et s'éloigne du groupe.

Il revoit la dame avec qui il aime parler et engage la conversation. Elle lui apprend qu'elle s'était faite du souci pour lui, car elle ne l'avait point vu ces derniers temps. Il s'en excusa et lui fit part de sa curiosité, comment se nommait cet homme blond.

Elle lui dit qu'il se nommait Uriel.

Uriel, Uriel, quel doux nom pour cet homme empreint de sérénité et de gentillesse. Ce nom qui rimait avec arc en ciel ou touterelle.

Monsieur remercia la dame, et remonta vers chez lui. Une soif le prenait à la gorge, il alla se rafraichir chez lui, en pensant à la beauté des boucles blondes bien dessinées, qui semblaient être constituées de fragments solaires le mirent dans une posture physiologique qui l'obligèrent à rester assis un bon moment, tant cela lui était inconfortable, voir douloureux. Il aurait donné n'importe quoi pour tenir ce blondinet nu dans ses bras chaud et gouter à sa peau.



Monsieur, aidé de fidèle s'était glissé dans la grande bassine en fer et fidèle y versait de l'eau chaude. Comme à chaque fois, Monsieur chantonnait, et là encore, il chantait la même chanson que les jours derniers.

Uriel, je t'aimeeeeuh, Uriel Je t'adore.
La la la la laaaaa, lala la la la.


Fidèle commençait à en souper de cette chanson et il devait bien avouer qu'il l'aurait bien assommer avec le broc en terre cuite. Il se retint toutefois.

Monsieur pris son bain en prenant son temps pour être le plus beau pour le blondinet répondant au doux nom de Uriel.




Quelle chaleur, non, mais quelle chaleur! L'atmosphère de l'appartement est suffocante. Elle pique la gorge, et empeche de respirer. A moins que ce ne soit la transpiration des corps... Un geste et Monsieur se mit à ruisseler. Il a beau se faire ventiler rien n'y personne ne peut réguler la sueur. Il boit l'eau glacée puisée, à grandes gorgées aussi rafraichissantes que délicieuses.
La température est tellement élevée que l'eau en devient sucrée.

N'y tenant plus, Monsieur s'habille et demande qu'on le mène à la campagne, sur une colline balayée par le vent. Il monte avec lenteur dans la calèche pour ne pas transpirer plus que que de raison, et abrité par une ombrelle blanche qu'il tient avec élégance, Monsieur se laisse mener.

La vitesse acquise par la voiture, permette de créer un vent factice. Monsieur sourit de bonheur. Par Aristote, que ce vent est un bienfait.

La calèche grimpe aisément la colline aux herbes folles, ainsi nommée, à cause de ces grandes plaines bonnes à faucher ou les herbes balayées par le vent semblent danser une danse endiablée.

La voiture s'arrête au sommet, Fidèle descend de celle ci et va ouvrir la portière à Monsieur, en lui tendant la main pour l'aider à descendre. Monsieur pose pied à terre, prends une grande goulée d'air frais et regardant autour de lui, décolle ses gants de ses doigts en tirant dessus et les retire enfin.

Monsieur emprunte un sentier, évoluant entre de grands bouleau. Ces espaces inter arbres, provoque une accélération du vent qui transit Monsieur et le fait frissonner des pieds à la tête, provoquant une légère érection.

Monsieur va s'asseoir pres d'un arbre et ferme les yeux écoutant les murmures du vent qui semble hurler sa joie de pouvoir souffler. Petit à petit, Monsieur s'assoupit, éreinté par ces dernières nuits sans sommeil à cause de la chaleur.

Le vent se mit à chanter :
Un ange t'aime, un ange t'aime. Je suis l'ange blond et je t'aime. Je t'en prie viens me rejoindre.
Le Vent accouplé au sommeil, pousse Monsieur dans des rêves colorés, ou la nature lui révèle qu'un homme blond est épris de lui.

.../...

Une douleur sans nom se fait ressentir au niveau du visage, Monsieur ouvre les yeux, porte la main à sa joue endolorie et voit un fidèle embrumé qui lui parle.


Monsieur, réveillez vous, il est tard, Monsieur, nous devons y aller, la nuit va tomber.



Quelques jours plus tard...

Monsieur s'ennuyait, il tournait et tournait en rond comme un oiseau dans sa volière. Soupirs et tics des jambes, le prenait. Les journées s'écoulaient égales à elles même. Pas un évènement hors du quotidien.

Monsieur était sorti se promener plus d'une fois dans les ruelles pavées de Nancy. Sa déception n'en était que trop grande, il n'y avait pas beaucoup d'animation politique, à croire que le duc Se... Selee était un bon duc.

Ahhhhhh.... Soupirs profonds de l'âme perdue.

Monsieur n'en tenait plus, il demanda à Fidèle de l'emmener chez un éleveur de chevaux. Fidèle, pris au dépourvu, sortit demander une adresse à quelqu'un du marché. L'adresse en poche, Fidèle se dit qu'il ferait remplacer les fers des chevaux par le maréchal ferrant en attendant Monsieur.

Monsieur descendit de la voiture et s'en alla discuter avec le propriétaire de l'enclos.

Monsieur qui ne gardait pas ses yeux dans ses poches, vit un palefrenier mal fagoté, certes mais de toute beauté, tout en muscles saillant, des gouttelettes de sueurs perlant sur le front de celui-ci.

Monsieur fit semblant de s'intéresser à un cheval de race ardennaise, pour se rapprocher du palefrenier.


cheval10.jpg

Monsieur remercia l'éleveur et demanda la permission de se promener dans l'élevage pour voir les étalons. Permission accordée, Monsieur commença a se détendre et se rapprocha du palefrenier. Celui ci leva les yeux, croisant ceux de Monsieur, et les baissa rapidement, le rouge aux joues. Occupé à ratisser le foin parsemé, il n'arrivait plus à ratisser correctement. Monsieur sourit en voyant la réaction de ce bel homme. Un soupir de satisfaction. Monsieur fit mine de vouloir visiter un endroit derrière une meule de foin, ou son objet de désir travaillait. En passant Monsieur frôla le bras de celui ci qui frissonna. Monsieur fit deux pas, puis s'arrêtât, tournant doucement la tête et croisa les yeux du garçon d'écurie qui fixait le popotin de Monsieur. Monsieur comprit le message et se jeta sur le jeune homme qui surpris sur le coup se laissa embrasser avec fougue et passion affamées. Personne ne sut ce qui s'était passé derrière la meule de foin pendant cette demie heure, mais monsieur en ressortit ragaillardi, le sourire aux lèvres, les yeux dans les étoiles, les cheveux décoiffés, la chemise, mal remise en place, le lacet de ses braies marron, défait et en sueur. Il recroisa l'éleveur et lui promit de revenir très vite.

- Je vous remercie, mon bon messire, je vous prie de croire que ma visite m'a enchanté, je reviendrais le plus vite possible.

- Mais je vous en prie, Monsieur, revenez aussi souvent que cela vous sied.

- C'est promis. A très bientôt alors.

voila qui n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd. Monsieur reprit le chemin vers sa voiture et tournant la tête, aperçut le garçon d'écurie, les cheveux plein de paille, qui le regardait les joues écarlates d'un air béat.




Fidèle commence à courir à travers les allées du marché. Monsieur doit être prévenu, Monsieur doit savoir. Monsieur ne pardonnerait jamais de ne pas avoir su.

Fidèle renverse un panier de choux de bruxelles. Fulminant dans sa longue barbe, il aide le marchand à les ramasser sous un flot d'injure.


-Non mais tu peux pas faire attention saligaud. On voit bien que c'est pas ton gagne pain. Tu sais donc pô qu'il faut pas courir dans le marché...

Fidèle, rouge de honte et empli de colère, se relève et s'éloigne une fois la sottise corrigée.
Il marche le plus rapidement possible. Ne voila t il pas qu'il revoit la magnifique Juliette qui lui plait tant. Il reste bouche bée, à l'observer. Une averse se met à tomber, qu'importe Fidèle anesthésié, ne la sent pas et continue a la regarder, elle si belle, qui ne le regarde même pas, qui ne le regardera jamais.
Quand elle finit de faire son marché, elle s'éloigne et fidèle rentre machinalement à la maison de Monsieur, oubliant tout.

Il arrive ruisselant, va se doucher et s'étend un moment. Sa matinée défile devant ses yeux, surtout le doux visage de celle qui hante ses nuits.
Soudain, Fidèle se relève, ouvre la porte de son cagibi en fracas, monte les escaliers en trombe et ouvre la porte.

Monsieur sursaute, le coeur palpitant de peur, le chat apeuré se cache derrière les jambes de Monsieur.


-Grand Dieu Fidèle que se passe t il qui ne pouvait pas attendre?

Fidèle réponds balbutiant, le souffle court :


-Il est reven... revenu, il est revenu.

-Qui, qui est revenu?

Fidèle s'assoit, ne pouvant quasiment plus respirer.

-Le ba... Le ba... ba.... Le baron, le pe.... le pe... le petit baron, il est de retour.

Monsieur s'écrit :

-C'est pas vrai.



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