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2011-03-16T21:38:00+01:00

Où on va, Papa? - Jean Louis Fournier

Publié par McChipie
Où on va, Papa? - Jean Louis Fournier
ouonvapapa.jpg

 


Quatrième de couverture :  
Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais parlé de mes deux garçons. [...] Aujourd'hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j'ai décidé de leur écrire un livre. Pour qu'on ne les oublie pas, qu'il ne reste pas d'eux seulement une photo sur une carte d'invalidité. [...] Grâce à eux, j'ai eu des avantages sur les parents d'enfants normaux. Je n'ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu'ils feraient plus tard, on a su rapidement que ce serait : rien. J'espère quand même que, mises bout à bout, toutes leurs petites joies auront rendu le séjour supportable. Jean-Louis Fournier.
   

 

Mon avis :  

Comment critiquer un tel ouvrage. Il est très court : 145 pages. Il est si poignant de sincérité qu'on a parfois envie de prendre le père dans ses bras, où alors de l'étrangler.

Si on se met à la place du père aimant ses enfants, dont l'avenir est vide, dont l'espoir de vie est nul, alors on comprend sa détresse. Car cette lettre au dela de tout est un cri de détresse, masqué par du cynisme et des traits d'humour pas toujours de très mauvais ton. Il faut reconnaitre que tout un chacun a sa façon de combattre ses souffrances. Encore que les souffrances sont généralement passagères, alors que la, elles durent une vie.

On sent l'amour dans chacune de ses phrases même dans ses pensées les plus abjectes, par exemple quand il parle de ses flashs où il imagine tuer ses enfants, provoquer un accident pour se tuer en mettre fin à la vie de ses deux garçons en même temps.

Ce que je regrette c'est qu'il parle du fait qu'il ne sera jamais grand père, alors qu'il a une fille normale, donc qu'il devrait garder espoir.

Il y a aussi de fabuleux passages d'une extrème poésie, ou les phrases ont un cadencement proche de celui des vers avec des rimes timides :

 

 

"Mes petits oiseaux, je suis bien triste de penser que vous ne connaîtrez pas ce qui, pour moi, a fait les plus grands moments de ma vie. Ces moments extraordinaires où le monde ne se réduit qu'à une seule personne, qu'on existe que pour elle et par elle, qu'o tremble quand on entend ses pas qu'on entend sa voix, et qu'on défaille quand on la voit. Qu'on a peur de la casser à force de la serrer, qu'on s'embrase quand on l'embrasse et que le monde autour de nous devient flou.Vous ne connaîtrez jamais ce délicieux frisson qui vous parcourt des pieds à la tête, fait en vous un grand chambardement, pire qu'un déménagement, une éléctrocution, ou une exécution. Vous chamboule, vous tourneboule, et vous entraîne dans un tourbillon qui vous fait perdre la boule et vous donne la chaire de poule. Vous remue tout l'intérieur, vous donne chaud à la gueule, vous fait rugir, vous hérisse le poil, vous fait bégayer, vous fait dire n'importe quoi, vous fait rire et aussi pleurer. Parce que, hélas, mes petits oiseaux, vous ne saurez jamais conjuguer à la première personne du singulier et à l'indicatif du présent le verbe du premier groupe : aimer."

 

 

Un récit rapidement lu qui prend au tripes et qui m'a laissé tremblante.

 

Note : 4,5/5

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