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La voleuse de livres - Markus Zusak

 

 

La voleuse de livres - Markus ZUSAK

 

 

Résumé :

1939. En Allemagne nazie.
Le pays retient son souffle.
La mort n'a jamais été aussi occupée et jamais elle ne le sera autant.

Un roman où il est question :
d'une fillette
de mots
d'un accordéoniste
de fanatiques
d'un boxeur juif
d'un certain nombre de vols...

C'est la mort elle-même qui raconte cette histoire. Dotée d'un humour noir, sarcastique, mais compatissant, elle est témoin de la folie des hommes. Tout semble perdu d'avance, sauf quand se distinguent des enfants rebelles et des Allemands qui n'obéissent pas aux règles...

Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter !

 

 

Mon avis :

Souffle coupé! Le contexte est originale. Pour une fois, cela se passe dans une rue allemande, au coeur même de l'allemagne nazie, pendant la seconde guerre mondiale. Pour une fois, les allemands ne sont pas diabolisés! Cependant leur image prend un bon coup! Dans cette Allemagne égratignée par le règne du Fuhrer, vit Liesel, fille confiée par sa mère à une famille quelconque. Rosa lave et repasse du linge pour les riches du coin, lui, Hans, est artisan peintre et accordéoniste le soir venu.

Liesel va devoir combattre ses démons, apprendre à lire, apprendre à aimer la lecture, voler des livres, jouer au foot et donner des raclées quand ce sera le moment.

 

Tous ces moments du roman sont "beaux", sont "parfois tristes", mais surtout nous oppressent. Car la mort, narratrice du roman, fait monter le suspense comme dans un de ces films au cinéma. On imagine aisément un fond sonore nous happer avec passion dans l'histoire, nous angoisser.

 

La fin du livre m'a mis les larmes aux yeux.

 

Ce roman est un des meilleurs que j'ai jamais lu!

 

Note : 5/5

 

CITATIONS :

 

Les flammes orange saluèrent la foule tandis qu'elles dévoraient le papier et les caractères d'imprimerie. Les mots en feu étaient arrachés à leurs phrases.

 

Les humains aiment bien le spectacle d'une petite destruction, me semble-t-il. Ils commencent par les châteaux de sable et les châteaux de cartes et ils vont de plus en plus loin. Ils sont particulièrement doués pour ça.

 

Pour souffrir, tous les lieux se valent.

 

Ce jour-là, en partant, Liesel parvint, non sans mal, à dire quelque chose. Traduction : elle se débattit avec trois mots immenses, qu'elle porta sur l'épaule avant de laisser tomber ce fardeau maladroit aux pieds d'Usa Hermann. Ils glissèrent sur le côté au moment où elle ne pouvait plus supporter leur poids. Ils restèrent sur le sol, énormes, éloquents et malhabiles.

TROIS MOTS IMMENSES
JE SUIS DÉSOLÉE

 

Lorsque les prisonniers arrivèrent, le bruit de leurs pas palpita sur le revêtement de la chaussée. Dans leurs crânes affamés, leurs yeux étaient immenses. Et la crasse. Ils étaient dans une gangue de crasse. Les mains des soldats les poussaient et ils titubaient en une brève accélération forcée avant de reprendre lentement leur marche sous-alimentée.

 

"LE DERNIER HUMAIN ÉTRANGER, PAGE 38
Cette rue de la ville était noire de monde, mais l'étranger
se sentait aussi seul que si elle avait été vide."

 

J'aurais aimé parler à la voleuse de livres de la violence et de la beauté, mais qu'aurais-je pu dire qu'elle ne sût déjà à ce sujet ? J'aurais aimé lui expliquer que je ne cesse de surestimer et de sous-estimer l'espèce humaine, et qu'il est rare que je l'estime tout simplement. J'aurais voulu lui demander comment la même chose pouvait être à la fois si laide et si magnifique, et ses mots et ses histoires si accablants et si étincelants.

Tag(s) : #2014 Lectures

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